Face à la fermeture des locaux
Lettre ouverte au président et au VP CFVU
Messieurs les Président et Vice-président,
Chers collègues,
Comme vous le savez, dans de nombreuses universités, les étudiant·es s’organisent, notamment en soutien du mouvement massif des lycéen·nes. Les uns comme les autres dénoncent la dégradation des conditions d’études, le manque d’accès aux études supérieures (Parcoursup et MonMaster) et des moyens (humains et financiers) qui ne sont pas à la hauteur des besoins et enjeux. Nous partageons ces inquiétudes et revendications concernant les budgets de l’Éducation, de l’Enseignement Supérieur et, plus généralement, la politique éducative de notre pays.
Ce lundi, alors qu’une mobilisation étudiante était annoncée au niveau national, une assemblée générale a dû se tenir sur le parvis de LLSH, avec des conditions d’échange dégradées, car les accès aux amphithéâtres ont tous été fermés sur votre ordre. Un blocus symbolique a ensuite eu lieu, devant les portes fermées de l’UFR. Des étudiant·es se sont aussi rendus au Château pour finalement vous rencontrer, à leur insistance.
Les étudiants d’Orléans ont pris l’initiative de faire connaître leurs revendications par des manifestations et des actions. Dans ce cadre, le blocage pacifique de l’UFR LLSH, au-delà de son aspect médiatique et des échanges qu’il rend possibles avec l’ensemble de la communauté universitaire, est une opportunité de discussion avec la direction de l’UFR et avec celle de l’Université. Y répondre par une intervention des services techniques n’est pas à la hauteur des enjeux pour notre établissement à l’heure où la jeunesse lycéenne et étudiante se mobilise pour ses conditions d’enseignement, d’orientation et d’accueil.
Aux prémices d’un mouvement étudiant qui s’ancre dans un contexte de forte mobilisation lycéenne, d’actions violentes externes au mouvement et de répressions et violences policières inacceptables, plusieurs éléments nous alertent.
Dans plusieurs bâtiments (UFR LLSH, MDE, Bouillon, Château), décision a été prise de fermer les bâtiments avec des agent·es et/ou usagers·ères à l’intérieur.
Ces situations de fermeture interrogent sur la prise de décisions de fermeture de bâtiment et la conduite à tenir de part et d’autre des portes fermées. À titre d’exemple, une UFR bloquée a délivré des messages contradictoires ce mardi matin, laissant étudiant·es et agent·es dériver et s’interroger. Une annonce claire et plus précoce était possible. Elle aurait évité des accrochages et, de nouveau, l’enfermement d’agents et usagers.ères à l’intérieur d’un bâtiment. En outre, quid des issues de secours et consignes de sécurité pour les personnes enfermées ?
Elles interrogent aussi sur la stratégie de l’établissement face aux mobilisations étudiantes. Refuser le dialogue, fermer les portes, empêcher qu’iels se réunissent dans de bonnes conditions pour construire de façon apaisée leurs revendications et modes d’action pour pouvoir être efficacement entendus, éventuellement les entendre sans les écouter ni examiner leurs demandes… c’est précisément selon nous ce qui pourrait conduire à plus de radicalité.
Au contraire, la stratégie de notre établissement devrait avant tout s’appuyer sur le dialogue avec les étudiant·es, un réel dialogue à partir de revendications construites. Pour ce faire, nous vous demandons d’indiquer aux étudiant·es une procédure simple et rapide pour demander et obtenir une salle afin de tenir des assemblées générales s’iels le souhaitent, et ce dans toutes les composantes.
Enfin, cette stratégie devrait aussi se discuter collégialement avec les différents acteurs de l’établissement, des conseils d’UFR aux CSA, CFVU et CA. Nous vous invitons à ouvrir le dialogue avec les représentant·es de ces instances sur la thématique de l’université pendant les mobilisations. De nombreux points pourraient être abordés de façon anticipée et apaisée (maintien d’une université ouverte, gestion des assiduités, conduite à tenir en cas d’appel national, etc.). Si le mouvement étudiant prenait de l’ampleur, préserver un canal d’échange et une démocratie universitaire solides reste selon nous essentiel.
Le gouvernement vient d’annoncer une fin de semaine banalisée dans les lycées, du 7 au 9 octobre. Favoriser l’exercice des droits démocratiques et la participation à la vie citoyenne des étudiant·es est l’une des missions des universités, nous ne comprendrions pas que l’Université d’Orléans ne puisse en faire autant.
Bien cordialement
La section locale du SNESUP-FSU
